...
Curieux.
Voilà un phénomène bien étrange. J'ai beau ne plus participer, ça me gonfle toujours.
Faut-il que je lâche la modération aussi ?
A contre-cœur, je romps aussi exceptionnellement que prématurément mon vœu de silence, ne serait-ce que parce que ça fera rigoler R* et que ça lui donnera raison
(comme ça, il aura ri et eu raison une fois dans sa vie, et du coup c'est un beau cadeau que je lui fais là... c'est même quasi-christique de ma part, pour tout dire, même si j'ai tenu plus que ledit Christ avant de revenir, et que je repars plus vite que lui, à nouveau). Je pourrais éviter d'épiloguer, répondre en me passant de mots. Les accusés pourraient aussi bien le faire à ma place. Et ils le feront, c'est prévu. Mais puisque je suis de passage alors que je m'étais juré de tout laisser en plan, je vais mettre les petits plats dans les grands, et les grands dans les dents des responsables. Juste pour donner un très très léger aperçu de ce que je contiens par l'humour depuis un peu plus de 1300 messages, et donner une très très vague idée de la patience et de la sollicitude dont j'ai pu faire preuve depuis le départ à l'égard des uns et des autres.
Serrez les dents, on ne sait jamais. Vous pourriez vous étouffer en avalant votre langue, ou en la donnant au chat de Schrödinger.
Avant toute chose, merci Plumetis
(ici et ailleurs. A toi seule, tu m'as presque donné envie de revenir, tant tes récentes interventions contenait tout ce que je désespère de lire ou d'entendre habituellement, ici autant qu'ailleurs), merci Poisson d'Avril
(c'était très joliment calé dans les gencives, j'apprécie en esthète !). ça fait du bien de lire un peu de bon sens dans ce bouillon de "
culture" par lequel ce sont des siècles de culture et de réflexion qui prennent le bouillon.
Pour les autres
(pas tous non plus, hein, ils se reconnaitront), j'ai une bonne nouvelle, ils doivent vendre des points de QI sur PriceMinister. Essayez par exemple :
http://www.priceminister.com/offer/buy/118878508/oui-oui-et-le-ballon-rouge-de-enid-blyton-livre.html. Mais faites gaffe quand même, il n'y a pas d'images sur toutes les pages. Et puis c'est hyper-commercial, les livres. La preuve : ça se vend en librairie. Faudrait interdire ces c*nneries. Je sais pas pour vous mais moi, je lis plus que des notices de radio-réveil traduites du Coréen. Niveau potentiel poétique et évocateur, ça vaut bien du Henri Michaux.
Bref, revenons à nos moutons faiseurs de mauvaise musique :
A la one :R* a écrit : deux ou trois mesures de cinq ou six notes répétées à l'identique ad nauseam pendant quatre minutes par un unique instrument, forcément c'est très limité comme moyen...
(allez dire ça à Brassens, choupinou
).Ho, et pour enfoncer une autre porte ouverte, histoire de vous
(à la cantonade qui se reconnaîtra encore) épargner l'effort de poser vos blanches mains sur la poignée de celle-ci et d'avoir à l'actionner gauchement, à la sueur de poignets délicats et au risque d'abimer vos doigts de presque-pianistes
(il s'en est fallu de si peu, n'est-ce pas ?), je m'étonne qu'il y ait encore des individus
(en nombre) pour avoir l'étroitesse d'esprit de considérer encore que la musique se réduit à des p'tits ronds noirs et blancs, tracés en travers de lignes parallèles en parfois réunis en grappe de cerises monochromes. J'en ai vu s'extasier bé(a)tement au sujet de "
supers enchaînement hyper novateurs et risqués que même que tu te rends même pas compte tellement ça révolutionne tout" sur le papier, censés être des coups de génie, mais qui, à l'oreille, sonnaient on ne peut plus communs. Bref, il y a encore des gens aujourd'hui que ça arrange bien, de confondre le support générateur et le produit créatif, en réduisant paradoxalement ce dernier à une quantité négligeable. La musique de papier, c'est de la musique morte. La musique, elle ne vit que quand elle est jouée et qu'elle résonne en l'être comme hors de lui. N'y voir que des mesures, des croches, des clés de sol, c'est réduire la musique à sa mécanique, sa mathématique, la priver de son âme. Souvent parce qu'on en est dépourvu soi-même. Dis-moi comment tu écoutes la musique, je te dirais qui tu n'es pas, tiens. Je ne suis plus à ça près.
A la two :
Muse ça crie trop et c'est toujours la même chose.

Ho-mon-Dieu-oui, qu'est-ce que ça crie, j'en ai les oreilles toutes retournées. Qu'est-ce que c'est commercial et qu'est-ce que c'est toujours la même chose que juste au-dessus, tiens, c'est indiscutable ! Non mais attendez, c'est-la-même-voix, vous rendez-vous compte ? Le chanteur ne change pas de façon de chanter d'un titre à l'autre ! Alors que Brassens, lui... euuhhh... oui, bon, d'accord, c'est un mauvais exemple. Mais Pink Floyd, Pink Flo... Oui, bon, vous m'avez compris. Et toute cette guitare pour vendre, ha non, c'est insoutenable. On devrait interdire la guitare aux groupes de rock, tiens, ça les obligerait à arrêter de nous faire toujours la même chose... comment on l'appelle, déjà, cette chose ? Ah oui, du rock, exactement, c'est le mot jus... Ha zut, oui, y'a comme une lacune dans mon raisonnement.
Et cette violence, cette violence...
Pas étonnant que nos jeunes ils cassent tout s'ils écoutent cette musique du diable !
(mais oui, je sais, je sais. Le piano aussi, c'est commercial. C'est bien. Maintenant, prenez vos cachets, sortez le CD du Diner Magnifique de Charlotte aux Fraises et hop, au lit. La guitare, c'est commercial, le piano, c'est commercial, la batterie, c'est commercial, le violon, c'est commercial, la mauvaise foi, c'est pas commercial vu que ça s'achète pas, c'est livré de série).
A la three :A nouveau, comme-tout-se-ressemble ! C'est scandaleux ! Révoltant ! A vomir ! On dirait que c'est toujours le même album, toujours la même chanson, toujours le même groupe
(oui, bon, OK, c'est toujours le même groupe mais hé, n'allez pas voir là dedans un argument fallacieux, hein, ça casserait l'ambiance). Bon, toujours le même, à deux trois changement de style, de rythme, de registres et d'instruments près, hein. Alors que les Beatles
(groupe commercial par nature, à l'origine, historiquement, quand même, mais ce n'est qu'un détail), Led Zep, les Rolling Stones
(il en va de la musique comme de la littérature : il n'est de bon ton que d'aimer les vieux trucs qu'on aurait taxé de "commerciaux" si on les avait vécus dans leur contexte spatiotemporel initial. Mais comme ils sont vieux, ils sont mieux, parce que c'était mieux avant et que maintenant, c'est absolument pas le avant de plus tard, hein, ce serait dommage de faire preuve de discernement et de se montrer un peu visionnaire LOL)... Oui, tout ça, tout ça, ça se renouvelle à chaque titre, allons ! A chaque album. A chaque note. Et puis ça sonne tellement, tellement moins "
ado avachi pété à la beu", tiens. Ska-P en tête. Re-Lol XPTDR Kévin Président !
(Je précise quand même que je ne juge pas, là. Y'en a pas mal dans la liste d'Ynides que j'écoute et que j'apprécie - beaucoup -. Mais vu que je suis un sage et que je suis doté d'un minimum d'intelligence - rires -, j'écoute... ce qui me plaît, sans m'occuper de savoir si c'est commercial ou non, parce qu'à mes oreilles, c'est la musique, l'émotion qu'elle transporte, l'écho qu'elle rencontre en moi qui comptent, pas l'image flatteuse qu'elle va donner de moi aux autres comme audit moi-même - parce que dans ces questions de "commercial/pas commercial", c'est uniquement de cela qu'il est question. POINT BARRE. Vous connaissez le principe
).
A la four :
Je n'en peux plus.
Toutes ces redondances finissent par être lassantes, d'un morceau à l'autre.
A la five, pour mon plaisir perso :
And last but not least, mon p'tit chouchou :On dirait bien que trop de commercial tue le commercial. Rires.
(prétentieux ? Assurément. Facile ? Peut-être. Mais quand t'es réputé pour tes guitares qui crachent et tes cordes vocales au point de rupture, c'est sûr que c'est hyper-commercial et pas casse-gueule du tout, ce genre de morceaux. On ne risque surtout pas de décevoir son public et d'être boudés par les fans de la première heure. Ha mince, si. C'est exactement ce qui s'est passé. Oups. Voilà un groupe qui n'est pas doué pour le "commerce").Donc fort de ces considérations, mon conseil à la cantonade, c'est de grandir. Juste un peu, ce serait bien. D'arrêter de penser que le monde tourne autour de votre auguste nombril, que vos goûts sont les plus fins, les plus avisés, les plus inspirés, que vos avis sont les plus sensés et les plus élevés, que vos révoltes n'appartiennent qu'à vous et sont moins "
commerciales" que ce qu'elles prétendent dénoncer, que vos avis méritent d'être gravés dans le marbre ou publiés en 4 par 3 sur les écrans géants de vos trop fréquentes
(visiblement) nuits blanches, parce que j'ai un scoop pour vous : on est sept p*tain de milliards dans le même cas. Sept p*tains d'experts en Muse auto-couronnés, et grands amateurs de non moins grande musique potentiels. Sept milliards de plus que potentiels crétins, imbus de notre science, de notre bagage
(à la consigne), de notre so-called discernement. Sept milliards de sales beaufs méprisants, à cracher sur la différence et à la fouler du talon, tout en chialant dans notre coin contre l'injustice d'un monde qui ne nous respecte pas dans nos propres spécificités. Et on rit des ados légumineux et de leurs fumées stupidisantes ? Est-ce qu'on n'a pas de fierté, ni d'orgueil véritable, en lieu et place de cette lamentable prétention qui nous octroie le droit de faire de nos pauvres opinions vaguement argumentées et plus qu'aux trois-quarts consensuelles des paroles d'évangile ?
J'ai un autre scoop, tant que j'y suis. Ceux d'entre vous qui accusent les "
normaux" de ne pas accepter leur différence feraient bien de balayer devant leur porte, et d'utiliser un karcher, parce qu'il y a comme qui dirait des taches incrustées
(à leur image, donc). Ironie du sort, que personne ne semble avoir relevé alors qu'elle ne crève pas les yeux, elles les arrache à la petite cuillère : la différence, pour la personne "
dans la norme", c'est l'exception. Mais inversement, la différence, pour l'exception, c'est celui qui est dans la norme. Alors avant de serrer Jeanne Siaud-Facchin contre votre cœur en pleurant au moment de vous endormir, apprenez déjà à accepter et à respecter cette différence, au lieu de la caricaturer, de la lapider, de la conspuer, de la grossir, de faire comme si on ne pouvait pas la comprendre
(pour ne pas avoir à le faire - ça vous rappelle quelqu'un ?) et d'en faire le garant de votre grandeur de bac à sable, surtout quand vos propos contredisent si objectivement ce dont vous êtes subjectivement persuadés à votre propre sujet. Après seulement sera-t-il légitime de vous plaindre qu'on ne vous rend pas la pareille parce que pour l'instant, en la matière, c'est de l'égalité parfaite et du zéro partout
(la formulation n'est pas anodine).Moi qui regrettais d'avoir pris congé sans une conclusion valable, voilà le problème réglé.
Oh, et parce que je m'en voudrais de terminer sur une note encore trop positive à mon goût, je ferais presque courtoisement remarquer que l'argument, "
c'est tout pourri, c'est commercial", dans le genre tarte à la crème de l'ado rebelle qui n'a pas mûri, ça se pose tellement là que c'est breveté par Google itself :
[url]
http://www.google.fr/webhp?hl=fr#sclien ... 20&bih=578[/url]
Les trente premières pages de résultats parlent par elles-mêmes. Le fait qu'il y en ait un nombre plus que certain ensuite, et qu'il ne s'agisse encore que des résultats francophones, ça aurait presque fini d'enfoncer le clou s'il n'avait pas traversé le bois depuis des lustres. Rires.
"
Faire pas comme les autres" : le meilleur moyen de faire comme les autres. Et autant pour nos rebellions de cours de récré.
Alors non, contrairement aux apparences, ceci n'est pas un retour, ni même un 100 %, ni même un accès de colère. Je ne force toujours pas. Pourquoi le ferais-je ? Ce n'est pas comme si la nécessité s'en faisait sentir

. Quant à l'agacement, peut-être vous semblera-t-il disproportionné pour un débat à l'enjeu aussi anodin. Sauf qu'un débat, ce n'est jamais anodin, c'est encore une porte ouverte que je vous dédie : quelle que soit la question que nous abordons, nous pensons et fonctionnons toujours de la même façon. Aussi, ce qui est montré ici vaut non seulement pour tous les échanges éventuels, mais aussi pour les individus dans leur entièreté. Hélas. Et mes interventions sont donc d'ordre autrement plus général qu'elles n'y paraissent. Hélas². Alors à l'occasion, n'hésitez surtout pas, expliquez-moi pourquoi j'irais m'infuser des tests de QI stressants et onéreux, dans l'espoir d'avoir la fierté d'appartenir à vos fichus 2 %, tiens. Qu'est-ce que je pourrais bien vous envier, dites-moi ? Et pourquoi devrais-je m'affliger de ne pas être des vôtres ?
Heureusement, ceci étant, que je ne mets pas tout le monde dans le même sac.
MOI.
Il y a des surdoués qui méritent leur médaille. Sur ce forum, j'en ai rencontré plein, même si je ne le leur ai pas toujours dit.
Mais je suis quelqu'un d'exigeant.
Plein, ce n'est pas suffisant, pour moi, quand il est question d'excellence.
J'écris ce soir comme un sale c*n, un prêcheur de mauvaise paroisse ?
Oui.
Et je ne vois pas au nom de quoi j'aurais à rougir.