Chaque grande branche des mathématiques possède un théorème fondamental. Le théorème fondamental de l'Algèbre (classique) peut être énoncé ainsi : "Toute fonction polynomiale à coefficients complexes de degré n, n étant un (nombre) entier naturel non nul, possède exactement n racines complexes." (J'ai simplifié l'énoncé mais je précise qu'il faut dès lors compter autant de fois que nécessaire une racine "multiple" (double, triple, et cætera), s'il y en a.)
Vers mes 27 ans, j'ai imaginé une méthode pour déterminer le nombre de racines réelles d'une fonction polynomiale à coefficients réels de degré quelconque et, en particulier, de degré > 4 ; voici ce que j'avais écrit :
Soit f une fonction "polynôme" :
la (fonction) dérivée première est de la forme :
la dérivée seconde de la forme :
soit :
la dérivée troisième :
autrement dit :
d'où :
ou :
et, par conséquent, la dérivée (n-1)-ième, qui est, comme nous pouvons le voir, une fonction (polynomiale) de degré 1 [1] :
c'est-à-dire, en simplifiant un peu :
On calcule (tout) d'abord la racine réelle de
On calcule ensuite l'extremum (unique) de
Puis on détermine le sens de
1) si le signe de a0 est positif et si
2) de même si le signe de a0 est négatif et si
3) en revanche, si le signe de a0 est positif et si
4) de même si le signe de a0 est négatif et si
5) enfin, si
Si
De manière générale, si
E1 = ]b1i, b1j[,
E2 = ]b2i, b2j[,
...,
Ep = ]bpi, bpj[. [4]
Nous conclurons à une approximation pour chaque racine de
...,
Nous calculerons dès lors
Après quoi nous déterminerons le sens de
Cette méthode est précise autant qu'on voudra. Mais il est possible que certaines racines nous échappent. Elle demeure cependant un outil efficace pour connaître le nombre de racines réelles d'une fonction polynomiale à coefficients réels de degré quelconque.
Remarque : Cette méthode est très simple. Elle s'appuie sur quelque chose qui a été patiemment étudiée dès la Seconde, à savoir l'examen de la dérivée afin de déterminer les variations d'une fonction.
Théorème 1 : Toute fonction polynomiale de degré impair a au moins une racine réelle. Ainsi toute fonction polynomiale de degré pair a bien pour représentation graphique une courbe dont la forme générale est une parabole, c'est à dire que toute fonction polynomiale de degré pair compte au moins un extremum.
Théorème 2 : Soit f une fonction polynomiale de degré pair, si f' n'a aucun extremum alors f a au plus deux racines réelles.
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[1] Soit f une fonction de degré n, la dérivé de f d'ordre (n - m) est de degré m.
[2] Ce cas est peu intéressant, car il peut être assimilé aux deux premiers (à savoir les cas où
[3] Évidemment, p ≤ m.
[4] Nous définirons tout d'abord E1 = ]c1, r1[, E2 = ]r1, r2[, ..., Ep = ]r(p-1), c2[. (Et, par exemple, b1j - b1i = b2j - b2i = ... = bpj - bpi = 0,1.)
