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Passer un dimanche de juillet au bord du lac de
Paladru, quelle bonne idée ! Oui, mais nous étions nombreux à avoir eu la même. Les voitures
ayant réussi à trouver une place, nous dirigeons vers les berges du lac à la recherche d’un
coin pour pique-niquer. Hélas, pas de sentier longeant le lac et le moindre accès est déjà
occupé par des familles.
En fait, Paladru est un des rares lacs privés de France et du coup,
la loi Littoral qui permet d’ouvrir les berges à la promenade ne peut pas s’appliquer ! Un
coin pique-nique nous accueille, nous offrant une table et deux bancs.
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Mais l’après-midi nous sommes les seuls à visiter le chantier de fouilles archéologiques
subaquatiques. Vers l’an mille les évêques de Grenoble et de Valence se disputaient ce lac
de l’Isère et l’un d’eux a envoyé des chevaliers-paysans s’installer sur ses rives pour le
défendre. Quelques années plus tard une montée des eaux les a contraints à abandonner leurs
maisons. Ces eaux ont été un cadeau pour les archéologues car elles ont protégé le bois dont
étaient faits les constructions et certains instruments de la vie quotidienne. Depuis trente ans des étudiants en archéologie et des amateurs passionnés fouillent cette partie du lac quelques mois par an sous la conduite d’un archéologue. Le site est découpé en triangles d’un mètre de coté. Chaque triangle est fouillé couche par couche : une couche superficielle constituée de mille ans d’alluvions, la couche archéologique sur laquelle vivaient les chevaliers-paysans, puis le sol sur lequel étaient construites les maisons. Plonger une heure et demi par jour pour remplir des seaux de l’une de ces couches, en tamiser le contenu, trier et identifier ce qui est un résidu de la présence des hommes, tel est le quotidien des fouilleurs. Heureusement au milieu des morceaux de coquille de noix, noyaux de cerise et os de porc, résidus de repas pris il y a mille ans, ils font quelques fois des découvertes plus importantes, comme des bagues ou des ornements de harnais de chevaux. L’année dernière la découverte d’une barque a été l’événement du chantier. Toute notre admiration à ces passionnés qui passent ainsi une partie de leurs vacances, dans un confort précaire, pour retrouver la trace de la vie de paysans de l’an mille. Anne-Marie
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