Sous l’impulsion du nouveau directeur, la collection permanente a été réduite au profit
d’oeuvres exposées de façon temporaire. Le thème actuel Passage d’Europe se propose d’ouvrir notre regard sur les nouveaux pays d’Europe. Un jeune guide nous accueille. Mariette, sous le
charme, lui explique que nous sommes néophytes mais curieux de nature et très éclectiques.
Ce fut alors la totale immersion dans l’univers dérangeant et provocant de cet art, la première
oeuvre présentée étant un amoncellement de gravats récupérés du chantier de l’installation de
l’exposition. La fonction de l’art étant de donner à penser, ce fut très efficace pour
Catherine F. qui expliqua posément au guide qu’elle disposait aussi d’oeuvres d'art similaires
dans sa cuisine et qu'elle souhaitait savoir comment les exposer. Il répondit qu’il fallait,
comme l’artiste, être âgé de 80 ans, croate et reconnu par ailleurs comme peintre au niveau
mondial. Le regard de Catherine refléta son désespoir à atteindre rapidement un tel objectif.
Cette oeuvre éphémère, devenant dans notre vocabulaire L’envers du décor, n’a de sens nous
dit-il, que dans le musée et que le temps de l’exposition, ce qui annihila encore plus les
espoirs de Catherine.
Le parcours dans ces immenses salles de 7 mètres de haut exclusivement peintes en blanc nous a
permis de contempler des tableaux aux formes géométriques, entrelacs de lignes et de couleurs
qui ne sont pas fortuits, initiés par un jet de cordages puis développés à l’aide de formules
mathématiques, que le regard est amené à poursuivre en dehors du cadre de la toile.
Plus loin, des sous-marins ornés de bijoux ou de plumes nous attendaient. Sous-marins banalisés,
dans leurs valises de plexiglas, requalifiés et absorbés dans et par les divers aspects de
l’activité humaine, présentés dans un triptyque objet, son et vidéo.
Autre salle, autre thème : des photos de visages à chaque fois différents mais identiques.
Qu’est-ce qui fait l’identité d’une personne ? Tout est dans le regard, celui des autres qui
devient l’oeil de l'artiste.
La dernière oeuvre commentée fut les tableaux, photos et voix d’un Polonais obnubilé par la
fuite du temps qui se photographie chaque jour et peint des tableaux de nombres tout en les
prononçant. Surpris par la démarche si rigoureuse et si routinière de cet homme qui passe son
temps à compter le temps depuis 1965, notre guide nous rassura, Roman Opalka a aussi un très
grand sens de l’humour.
Le musée ferma ses portes trop tôt, nous reviendrons. Mariette allait presque réussir à
connaître le nom de notre guide, ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas Nathalie ! Et que sans
lui, notre visite aurait été vide.
Il nous reste un peu de temps pour visiter le coeur de Saint-Étienne, son tramway, ses rues
marchandes. Les notes sont en fête, deux Africains nous enchantent avec leur musique rythmée.
Ensuite rendez-vous à l’auberge où nous attendent Michel, venu en voisin, et Philippe.
Le thème principal fut la vision en avant-première des photos souvenir de l’AG, pour la
préparation du CD que nous avons promis aux participants. Que de bons moments nous avons passés
ensemble !
Quelques autres thèmes ?
- Vaut-il mieux un totalitarisme éclairé ou une molle démocratie ?
- Les services informatiques des grandes entreprises sont-ils efficaces ?
- La pointeuse permet-elle de ne pas trop travailler ?
Nous n’avons pas rediscuté longuement du sujet de notre polémique actuelle sur la présence
d’enfants à certaines réunions mais le principe du sondage a été arrêté.
Claude D., Catherine F., Mariette P.